Depuis le 1er janvier 2026, la réforme du DPE change la façon dont l’étiquette énergétique d’un logement est calculée en France. Elle a été annoncée à l’été 2025 et vise surtout les logements chauffés à l’électricité, longtemps jugés pénalisés. Mais qui en profite réellement, et qui n’y gagne rien ? Voici l’essentiel, avec un rappel sur le diagnostic lui-même.
Rappel : qu’est-ce que le DPE ?
Le dpe ou diagnostic de performance énergétique classe un logement de A (très performant) à G (très énergivore). L’étiquette repose sur la consommation d’énergie primaire du bien, exprimée en kWh par m² et par an, et sur ses émissions de gaz à effet de serre. C’est la moins favorable des deux mesures qui détermine la lettre.
Le DPE est obligatoire pour vendre ou louer un logement. Il est valable 10 ans et doit être réalisé par un diagnostiqueur certifié, indépendant du propriétaire. Son enjeu est devenu majeur : les logements classés G sont interdits à la location depuis 2025, les logements F le seront en 2028 et les logements E en 2034.
Ce que change la réforme du DPE en 2026
La réforme porte sur un seul paramètre, mais décisif. Le coefficient de conversion de l’électricité en énergie primaire passe de 2,3 à 1,9, selon un arrêté publié en août 2025. Celui du gaz reste à 1. Concrètement, un logement électrique « consomme » moins sur le papier et obtient une meilleure note, sans aucun travaux.
Le gouvernement estime qu’environ 850 000 logements, parmi les 5,8 millions classés F ou G, sortent ainsi du statut de passoire thermique. Quelques précisions utiles :
- Tous les DPE établis depuis le 1er janvier 2026 intègrent automatiquement le nouveau calcul.
- Les DPE plus anciens restent valables jusqu’à leur échéance de 10 ans.
- Aucun logement n’est rétrogradé par la réforme.
- Il est possible de télécharger gratuitement une attestation de changement d’étiquette sur l’observatoire DPE-Audit de l’ADEME, grâce au numéro à 13 chiffres du rapport.
Dans le même temps, le DPE collectif est devenu obligatoire, depuis le 1er janvier 2026, pour les copropriétés de 50 lots ou moins.
À qui profite la réforme ?
Les propriétaires de logements chauffés à l’électricité sont les premiers gagnants, en particulier dans les petites surfaces et les appartements équipés de convecteurs. Beaucoup étaient classés F ou G à cause du mode de calcul plus que de leur isolation, et peuvent gagner une, voire deux lettres.
Les bailleurs y trouvent un répit. Un logement G devenu F redevient louable, ce qui laisse du temps pour planifier des travaux avant l’échéance de 2028.
Les vendeurs peuvent aussi en bénéficier. Un logement reclassé D ou mieux est plus attractif, et une maison qui n’est plus classée E, F ou G n’a plus à fournir d’audit énergétique à la vente.
Les foyers qui envisagent une pompe à chaleur y trouvent un signal favorable. Le gouvernement souhaite encourager le remplacement des chaudières fossiles par des équipements électriques.
À qui ne profite-t-elle pas ?
Les logements chauffés au gaz ou au fioul ne gagnent rien, puisque leur coefficient est inchangé. Ils restent classés comme avant et concentrent désormais l’effort de rénovation et le ciblage des aides.
Les logements électriques mal isolés voient leur étiquette s’améliorer, mais pas leur facture ni leur confort. Une lettre ne remplace pas une isolation de qualité. Certains professionnels de la rénovation redoutent un effet d’aubaine qui découragerait des travaux pourtant nécessaires.
Les locataires de ces logements sont dans la même situation : le bien redevient louable sans que leur quotidien change forcément.
Enfin, le débat reste ouvert sur la fiabilité du DPE comme repère. Un indicateur qui bouge sans travaux demande une lecture plus attentive, notamment à l’achat. À notre connaissance, des discussions sur un nouvel ajustement du coefficient ont été évoquées dans la presse, sans décision officielle confirmée : mieux vaut suivre l’actualité.
Que faire concrètement ?
- Retrouvez votre DPE et son numéro à 13 chiffres, puis simulez ou téléchargez votre nouvelle étiquette sur le site de l’ADEME.
- Ne vous contentez pas de la lettre : regardez la consommation, les postes de déperdition et les travaux recommandés dans le rapport.
- Faites réaliser un nouveau diagnostic si vous avez fait des travaux, changé de chauffage ou si votre DPE arrive à échéance.
Pour obtenir un diagnostic fiable et conforme au nouveau calcul, mieux vaut s’adresser à un professionnel qualifié. Vous pouvez trouver un diagnostiqueur immobilier certifié près de chez vous et demander un devis gratuit.
En résumé
La réforme du DPE 2026 corrige une vraie inégalité de traitement pour l’électricité, au profit de centaines de milliers de logements, mais elle ne rénove aucun bâtiment. Elle avantage surtout les propriétaires de logements électriques et laisse les logements au gaz et au fioul face à leurs obligations. Mieux vaut y voir une clarification du calcul qu’une dispense de travaux.
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